Imagine que tu sois quelque part au seuil de ce conte, à un moment donné il y a plusieurs milliards d'année, lorsque tout fut crée. Tu pourrais alors décider si tu souhaites un jour naître à une vie sur cette planète. Tu ne saurais pas quand tu vivrais et tu ne saurais pas non plus combien de temps tu pourrais rester, mais il ne serait quoi qu'il en soit pas question de plus de quelques années. Tu saurais seulement que si tu choisissais de venir un jour au monde quand le temps serait venu, comme on dit, ou dans « la plénitude du temps », tu devrais aussi un jour le quitter et tout abandonner. Cela t'infligerait peut-être beaucoup de chagrin, car de nombreuses personnes trouvent la vie dans le grand conte de fée si merveilleuse qu'à la seule idée qu'elle se terminera un jour, voient leurs yeux s'embuer. Tout peut être si bon ici que c'est effroyablement douloureux de songer qu'un jour les nouveaux jours cesseront de naître.

# Posted on Monday, 23 November 2009 at 1:59 PM



__Tout finit par s'oublier, de tout manière. D'abord, on oublie tout ce qu'on a appris: les dates de la guerre de Cent Ans, le théorème de Pythagore. On oublie surtout tout ce qu'on n'a pas vraiment appris mais qu'on a juste mémorisé la veille au soir. On oublie les noms de pratiquement tous ses profs à part un ou deux, qu'on finira par oublier eux aussi. On oublie son emploi du temps de première, sa place dans la classe, le numéro de téléphone de son meilleur ami et les paroles de cette chanson qu'on a bien écoutée un million de fois. Et finalement, mais lentement, tellement lentement, on oublie ses humiliations... mêmes celles qui semblaient indélébiles finissent par s'effacer. On oublie qui était branché et qui ne l'était pas, qui était beau, intelligent, sportif ou pas. Qui est allé dans une bonne fac. Qui donnait les meilleurs fêtes. Qui pouvait vous trouver de l'herbe. On les oublie tous. Même ceux qu'on disait aimer, et même ceux qu'on aimait vraiment. Ceux-là sont les derniers à disparaître. Et ensuite, une fois qu'on a suffisamment oublié, on aime quelqu'un d'autre.

# Posted on Saturday, 21 November 2009 at 9:29 AM







<< Assise dans la voiture, place avant. Je regarde ce nuage de brouillard, dans lequel nous nous engouffrons. Les souvenirs refont surface, peu à peu, les bons comme les mauvais moments. Je regarde la végétation, les passants, les autres véhicules. Je me demande ce qu'ils racontent, ce qu'ils font. Et la déprime reprend de plus belle. Jamais je ne pourrais oublier tous ses magnifiques instants, toutes ses phrases, ses sourires, ses rires... Je n'en peux plus d'espérer. De dire que tout va pour le mieux, alors qu'au fond c'est le désordre, le gouffre. Tous ces sentiments qui se mélangent, pour former qu'un. Je n'arrive pas à me dire que ce n'était pour lui qu'un jeu, il m'a détruit, anéantie. Jamais plus ce ne saura comme avant. Et pourtant il essayes encore de tenir cette petite étincelle allumer au fond de me yeux. >>

# Posted on Monday, 16 November 2009 at 1:26 PM

Edited on Wednesday, 18 November 2009 at 10:25 AM



Dans l'éventail des amours possibles, il y en est un de la pire espèce. Sa cruauté est telle qu'il tue ses victimes. On l'appelle l'amour non partagé. Celui-là je le connais, je suis experte en la matière. Dans la plupart des histoires d'amour, les sentiments sont réciproques, et dans les autres ? Et nous alors ? Les laissées pour compte ? Nous qui aimons sans retour, tout seul, dans notre coin. Nous sommes les victimes de l'amour à sens unique, les oubliés dans la distribution du bonheur. Nous sommes les mal aimées, les bancales, les handicapés du c½ur, et ça ne nous donne même pas le droit à des places réservées au parking.

# Posted on Sunday, 08 November 2009 at 1:19 PM



















Appeller-moi Laurane.


# Posted on Tuesday, 03 November 2009 at 7:15 AM